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"Le Ciel pour Linceul" d’Amanda Padovan et Peter Zuckerman

jeudi 15 septembre 2016


"Le Ciel pour Linceul" d’Amanda Padovan et Peter Zuckerman

  • Auteurs : Amanda Padovan et Peter Zuckerman
  • Editeur : Editions du Mont Blanc
  • Date de parution : 2016
  • ISBN/EAN : 978 – 2 – 36545 – 024 - 9

Ce livre n’est pas disponible au prêt à la bibliothèque du club.

Critique de Barney Vaucher :

Paru aux Editions du Mont-Blanc, « Le ciel pour linceul » est un livre d’Amanda Padovan et Peter Zuckerman, qui relate un été tragique au K2. Une fois de plus direz-vous ? Pas exactement car l’ouvrage ne livre pas un nième récit d’ascension, mais il est rédigé à travers le prisme des récits et des souvenirs des porteurs, d’une manière générale de ceux qui font le sale boulot. Ici se croisent les témoignages des sherpas, Bothias ou du Rolwaling, des Shimshalis et des Hunzas. Cette disparité de langue et la quasi-incompréhension de la langue de l’autre (y compris chez les clients !) est d’ailleurs l’une des causes du drame. Ajoutons pour faire bonne mesure, une forte dose d’égoïsme forcené dépassant les bornes du cynisme chez certains clients et le cocktail est prêt. Pour ceux qui aiment la littérature alpine, il est bon de comparer ce récit avec celui de l’expé Houston 1953 (K2, montagne sans pitié) - et le fameux « nous sommes venus à la montagne comme des étrangers, nous en sommes redescendus comme des frères » -, ou avec les livres de Curran et Diemberger relatant l’été 1986 où une partie de l’élite himalayenne a été décimée. Lire avec émotion le récit de Curran et l’explosion de joie au camp de base lors du sauvetage de Parmentier, perdu à 8000, radioguidé par Chamoux. Dans « le ciel pour linceul », rien de tel, les participants ne sont pas les « chevaliers du Moyen Âge » chers à Michel Parmentier. Un leader coréen qui intime l’ordre à l’un de ses sherpas de laisser son piolet muni d’une corde fixe pour que lui et son équipe puissent descendre en sécurité le « sérac de la bouteille », à 8400, ça s’appelle un sacrifice humain ou une condamnation à mort. Mais pour un tel individu qui ne mérite pas le nom d’alpiniste, un porteur ou un sherpa n’est-il pas autre chose qu’un objet ? Le K2 protégé jusqu’à présent par sa difficulté n’est-il en train de devenir un réceptacle pour consommateurs d’altitude comme l’Everest ? Toujours est-il que ce livre écrit avec franchise se rapproche davantage d’un « thriller » que du sempiternel et soporifique récit d’expédition.


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